Foire aux questions (FAQ)
Qu'est-ce que le Syndicat du Sucre de La Réunion ?
Le Syndicat du Sucre de La Réunion est l’organisation professionnelle qui regroupe et représente les industriels sucriers de l’île, c’est-à-dire les fabricants de sucre. Constitué sous forme d’association loi 1901, il porte la voix de la filière Canne-Sucre auprès des agriculteurs canniers, des pouvoirs publics et de l’Union européenne. Son siège est à Saint-Denis. La filière qu’il défend est le 1er poste d’exportation de La Réunion et son 1er employeur privé et agricole, avec 15 000 emplois directs, indirects et induits.
Quand le Syndicat du Sucre a-t-il été créé ?
Le Syndicat du Sucre a été créé en 1908 pour regrouper les fabricants de sucre de La Réunion ; il était alors présidé par Robert le Coat de Kerveguen. Il accompagne, depuis cette date, les transformations de la filière Canne-Sucre, ancrée sur le territoire depuis plus de 200 ans. Sa forme juridique actuelle, l’association loi 1901, est enregistrée depuis 1980.
Quelles sont les missions du Syndicat du Sucre de La Réunion ?
Le Syndicat du Sucre poursuit cinq missions principales : la défense des intérêts de la filière ; le dialogue et la négociation interprofessionnels ; le maintien d’un cadre juridique favorable à l’activité économique ; la préservation du foncier agricole ; et la promotion et la valorisation de la filière. À ce titre, il participe aux négociations de la Convention Canne, qui fixe les relations entre planteurs et industriels, dans le cadre du Comité paritaire interprofessionnel de la canne et du sucre (CPCS).
Qui dirige le Syndicat du Sucre de La Réunion ?
Le Syndicat du Sucre de La Réunion est dirigé par Sylvie Le Maire, Déléguée générale. Le Syndicat représente les industriels sucriers dans les instances de la filière et vis-à-vis du monde économique, des chambres consulaires, des collectivités, de l’État et de l’Union européenne.
Quel est le lien entre le Syndicat du Sucre et le CPCS ?
Le CPCS, Comité paritaire interprofessionnel de la canne et du sucre, est l’interprofession qui réunit à parité les représentants des planteurs et ceux des industriels. Le Syndicat du Sucre y siège comme représentant des industriels sucriers. C’est dans ce cadre que se négocient les accords structurants de la filière, notamment la Convention Canne. Cette gouvernance paritaire, en place depuis 2007, fait de la filière réunionnaise un modèle de responsabilité partagée.
Depuis quand la canne à sucre est-elle cultivée à La Réunion ?
La canne à sucre a été introduite à La Réunion à la fin du XVIe siècle. Elle était alors cultivée non pour le sucre, mais pour produire de l’alcool, notamment l’Arrack. Ce n’est que plus tard, au tournant du XIXe siècle, que sa culture devient centrale dans l’économie de l’île. Aujourd’hui encore, la canne à sucre est la principale culture de l’île.
Quand la première sucrerie de La Réunion a-t-elle été créée ?
La première sucrerie de l’île a été créée en 1783. À partir de 1815, la culture de la canne à sucre prend une place primordiale dans l’économie réunionnaise, ouvrant la voie à un essor industriel rapide au XIXe siècle.
Quelles sont les plus anciennes sucreries encore en activité à La Réunion ?
Les sucreries de Bois-Rouge et du Gol, créées toutes deux en 1817, sont les plus anciennes encore en activité aujourd’hui. Elles ont traversé plus de deux siècles d’histoire, y compris les crises du XIXe siècle, et constituent aujourd’hui les deux seules sucreries de l’île, intégrées au groupe Tereos.
Qu'appelle-t-on l'âge d'or de l'industrie sucrière réunionnaise ?
La période 1832-1862 correspond à l’âge d’or de l’industrie sucrière réunionnaise. L’industrie connaît alors un développement spectaculaire : entre 150 et 200 sucreries fonctionnent sur l’île et près de 60 000 tonnes de sucre sont produites chaque année. Cette prospérité repose sur l’ingéniosité technique et une forte demande de sucre.
Pourquoi la canne à sucre fait-elle partie du patrimoine de La Réunion ?
La canne à sucre fait partie du patrimoine de La Réunion parce qu’elle façonne son histoire, ses paysages et son économie depuis plus de deux siècles. De son introduction au XVIe siècle à l’âge d’or des sucreries, puis à la concentration progressive vers les deux sucreries actuelles, elle a accompagné toutes les grandes étapes du développement de l’île. Elle demeure aujourd’hui la première filière agro-industrielle du territoire.
Pourquoi dit-on que La Réunion est le leader européen du sucre de canne ?
La Réunion assure environ 80 % de la production européenne de sucre de canne. Au sein de l’Union européenne — troisième producteur mondial de sucre — la France est le seul pays producteur de sucre de canne, et cette production provient très majoritairement de La Réunion. L’île est ainsi le premier producteur européen de sucre de canne et un acteur de référence, reconnu pour la qualité de ses sucres et son savoir-faire industriel.
Quels types de sucre sont produits à La Réunion ?
Trois types de sucres de canne sont produits à La Réunion. Les sucres bruts, destinés à être raffinés en Europe pour devenir des sucres blancs et les sucres de spécialités, naturellement roux et directement consommables par le client final. Par ailleurs afin de satisfaire les besoins du marché local, une petite production de sucres blancs est réalisée à la sucrerie de Bois-Rouge. La production réunionnaise est répartie à part égale entre sucres de spécialités et sucres bruts.
Qu'est-ce qu'un sucre de spécialité réunionnais ?
Un sucre de spécialité réunionnais est un sucre de canne naturellement roux, prêt à l’emploi et directement consommable, qu’il s’agisse de sucre de bouche ou d’ingrédient pour l’industrie agroalimentaire. Ces sucres haut de gamme, du blond clair au roux intense, offrent des goûts, arômes et textures innovants et correspondent à des marchés de niche haut de gamme. La Réunion est pionnière de leur développement et leader en Europe sur ce segment.
Où sont exportés les sucres de La Réunion ?
Plus de 90 % de la production sucrière réunionnaise est exportée en Europe continentale, dans de nombreux pays. Le sucre est le premier poste d’exportation de l’île : à lui seul, il représente environ 50 % des exportations en valeur, et près de 70 % (les deux tiers) si l’on ajoute le rhum, fabriqué à partir de la mélasse des sucreries. Le solde de la production permet de répondre à l’intégralité des besoins du marché local (données douanes 2023).
Qu'est-ce qui rend les sucres de spécialités réunionnais uniques ?
Les sucres de spécialités réunionnais sont le fruit d’une stratégie de différenciation unique dans le monde sucrier. Pour construire cette gamme, une vingtaine d’experts de l’analyse sensorielle, spécialement formés à l’univers du sucre, ont été mobilisés pour décrire et quantifier les propriétés sensorielles des sucres. Ce travail a permis d’élargir encore l’offre de produits permettant ainsi de s’éloigner des standards classiques du marché.
Les sucres de La Réunion bénéficient-ils d'un label ?
Oui. Depuis 2016, les sucres de La Réunion sont labellisés RUP (Régions ultrapériphériques), un signe distinctif de leur origine européenne ultramarine. Sur le marché local, Eurocanne commercialise par ailleurs ses sucres sous la marque « Sucreries de Bourbon », avec pour la plupart des produits les labels « Nou la Fé » et « 100 % La Réunion ».
Combien y a-t-il de sucreries à La Réunion et où se trouvent-elles ?
L’industrie sucrière de La Réunion repose sur deux sucreries situées au centre des deux bassins canniers de l’île. La sucrerie de Bois-Rouge, à Saint-André, traite les cannes du bassin Nord-Est ; la sucrerie du Gol, à Saint-Louis, traite celles du bassin Sud-Ouest. Toutes deux ont été créées en 1817 et disposent chacune d’une capacité de broyage d’environ 900 000 tonnes de cannes par campagne, pour une production pouvant atteindre 100 000 tonnes de sucre chacune.
À quel groupe appartiennent les sucreries de La Réunion ?
Les deux sucreries appartiennent au groupe sucrier Tereos. La sucrerie de Bois-Rouge a rejoint le groupe (alors Union SDA) en 2001, et la sucrerie du Gol l’a intégré en 2010. Bois-Rouge emploie environ 180 collaborateurs permanents et saisonniers, Le Gol plus de 300. Les deux sites sont certifiés ISO 9001, ISO 14001 et FSSC 22000 ; Le Gol a même été la première sucrerie au monde certifiée ISO 22000, en 2008.
Comment les cannes à sucre sont-elles collectées et transportées ?
Les agriculteurs livrent leurs cannes directement aux sucreries ou sur l’une des 11 plateformes de réception réparties sur le littoral, souvent d’anciennes sucreries, ce qui limite les déplacements et les coûts de transport pour les agriculteurs. Les cannes sont ensuite acheminées vers les deux sucreries par une flotte de semi-remorques appelés « cachalots ». Plus de 70 % des tonnages transitent ainsi par les centres de réception extérieurs aux sucreries.
Qu'est-ce qu'un Pôle Canne ?
Un Pôle Canne est un centre stratégique de proximité qui regroupe plusieurs expertises au service des agriculteurs canniers. La filière en compte six, répartis sur toute l’île. On y trouve des techniciens agricoles des sucreries, du CTICS, de la SAFER et de la Chambre d’agriculture, qui apportent des conseils techniques de la plantation à la coupe et facilitent les démarches administratives : immatriculation, déclaration de surfaces, gestion des aides ou demande de replantation.
Qui distribue et exporte les sucres de La Réunion ?
Sur le marché local, les sucres sont stockés, conditionnés et distribués par deux sociétés : Eurocanne, filiale de Tereos Océan Indien et plus grand centre européen de stockage et de conditionnement de sucres de canne, et Mascarin. À l’export, les sucres bruts destinés au raffinage en Europe transitent par le terminal sucrier du Port Ouest, tandis que les sucres de spécialités sont conditionnés puis exportés en conteneurs depuis le Port Est.
Quels centres de recherche accompagnent la filière Canne-Sucre ?
La filière Canne-Sucre réunionnaise s’appuie sur deux instituts de recherche mondialement réputés et présents sur le territoire : eRcane, acteur de la filière depuis 1929 et seul centre de recherche et développement européen spécialisé dans la canne à sucre, et le Cirad, organisme français de recherche agronomique pour le développement des régions tropicales. Ils collaborent sur la sélection variétale, la génétique, la phytopathologie, les techniques agroécologiques.
Pourquoi la filière Canne-Sucre est-elle le 1er employeur privé de La Réunion ?
La filière Canne-Sucre-Rhum-Energie est le premier employeur privé de La Réunion parce qu’elle fait travailler des milliers de familles sur l’ensemble de son cycle de valorisation, de la culture de la canne à la transformation en sucre, en passant par la recherche et la production d’énergie. Ancrée sur le territoire depuis plus de deux siècles, elle constitue un pilier économique et social pour l’île et représente environ 15 000 emplois directs, indirects et induits soit environ 10 % des emplois privés.
Combien d'emplois la filière Canne-Sucre représente-t-elle à La Réunion ?
La filière Canne-Sucre-Rhum-Energie représente près de 15 000 emplois directs, indirects et induits à La Réunion, dont environ 8 000 emplois directs. Elle s’appuie sur environ 2 300 exploitations cannières et fait vivre des milliers de familles. Cette diversité d’emplois couvre l’ensemble du cycle de la canne, de la production agricole à l’industrie, ce qui en fait le premier employeur privé et agricole de l’île.
Quels métiers peut-on exercer dans la filière Canne-Sucre ?
La filière Canne-Sucre compte plus d’une cinquantaine de métiers, répartis en sept grands domaines : agriculture, industrie, recherche, maintenance et services généraux, logistique et transport, stockage et conditionnement, et fonctions supports. On y trouve aussi bien des agriculteurs, coupeurs de canne à sucre, techniciens agricoles et ingénieurs agronomes que des chefs de fabrication, cuiseurs, chimistes, chaudronniers, chercheurs, ou encore des profils en informatique, comptabilité et ressources humaines.
Faut-il des qualifications pour travailler dans la filière Canne-Sucre ?
La filière Canne-Sucre propose des métiers accessibles à plusieurs niveaux de qualification, en lien avec les cursus locaux de formation, de niveau BAC à BAC +5 et plus. Elle relie des savoir-faire transmis depuis des générations à des métiers tournés vers l’avenir, notamment dans la recherche, l’automatisme et l’innovation industrielle. Le Syndicat du Sucre met à disposition une brochure présentant l’ensemble de ces métiers.
Qui sont les grandes figures historiques de la filière Canne-Sucre réunionnaise ?
Trois figures ont marqué l’industrie sucrière réunionnaise. Émile Hugot (1904-1993), premier président-directeur général des Sucreries de Bourbon et fondateur de la distillerie de Savanna, reste une référence grâce à son manuel « La sucrerie de canne ». Maxime Rivière (1921-1995) a sauvé puis développé l’usine de Quartier Français. Émile Boyer de la Giroday (1930-1990) a consacré 35 ans à la recherche variétale et créé la célèbre variété de canne à sucre R570.
Comment découvrir les métiers et les formations de la filière Canne-Sucre ?
Le Syndicat du Sucre met à disposition une brochure des métiers de la filière, téléchargeable sur cette page, ainsi que des pages dédiées aux formations agricoles et industrielles. La filière s’appuie sur des cursus locaux, de niveau BAC à BAC +5 et plus, et sur son écosystème de recherche (eRcane, Cirad) pour former les profils dont elle a besoin, du terrain à l’ingénierie.
La canne à sucre de La Réunion est-elle une culture agroécologique ?
Oui. La canne à sucre est reconnue comme une culture agroécologique à La Réunion. Elle s’appuie sur la lutte biologique développée avec l’écosystème local de recherche (eRcane, Cirad). La culture de la canne à sucre ne requiert ainsi ni insecticide, ni fongicide. Son Indice de Fréquence de Traitement, qui est l’indicateur qui mesure l’intensité de l’utilisation des produits phytosanitaires, est de 3, soit cinq fois inférieur à celui des autres cultures. Véritable poumon vert de l’île, elle joue un rôle positif dans la préservation des écosystèmes.
Utilise-t-on des pesticides sur la canne à sucre à La Réunion ?
La canne à sucre est cultivée sans insecticide, grâce à la lutte biologique, et sans fongicide, grâce à la résistance naturelle des nouvelles variétés sélectionnées. La lutte contre les maladies repose ainsi sur la sélection variétale plutôt que sur les traitements chimiques. Résultat : un Indice de Fréquence de Traitement (IFT) de 3, cinq fois inférieur à celui des autres cultures selon l’enquête Agreste sur les pratiques culturales de la canne à sucre (2021).
Comment la filière réduit-elle les herbicides et les engrais chimiques ?
L’usage d’herbicides est réduit grâce à la paille de canne laissée au champ, qui limite naturellement les adventices. Les engrais chimiques sont diminués grâce aux co-produits issus de l’industrie sucrière : écumes, cendres de bagasse et vinasse ; réutilisés comme fertilisants. Cette valorisation des co-produits réduit aussi l’importation d’intrants et illustre le modèle circulaire de la filière Canne-Sucre.
En quoi la canne à sucre contribue-t-elle à protéger l'environnement à La Réunion ?
La culture de la canne à sucre contribue à protéger l’environnement de plusieurs manières. Elle forme une barrière verte entre les zones urbanisées et le cœur du Parc national. Son système racinaire favorise l’infiltration de l’eau et limite l’érosion des sols. Culture semi-pérenne, elle réduit le travail du sol et préserve sa fertilité. Enfin, grâce à sa forte capacité de photosynthèse, elle capte efficacement le CO2 et stocke du carbone.
Comment sont créées les nouvelles variétés de canne à sucre ?
Les nouvelles variétés de canne sont créées par hybridation naturelle par eRcane, qui s’appuie sur sept stations expérimentales représentatives des différentes zones pédoclimatiques de l’île. Chaque programme dure quatorze ans afin d’évaluer la tolérance au froid, à la sécheresse et aux sols acides, ainsi que la résistance aux virus, bactéries, champignons et insectes. Il en résulte un catalogue de variétés adaptées aux conditions locales, comme la célèbre R570.
Qu'a changé le séquençage du génome de la canne à sucre en 2024 ?
En 2024, une équipe internationale de 35 chercheurs issus de quatre pays, dont eRcane et le Cirad pour la France, est parvenue à décrypter le génome de la canne à sucre, l’un des plus complexes du règne végétal avec environ 12 copies de chaque chromosome, soit 114 chromosomes au total. Cette avancée accélère la sélection variétale en permettant d’identifier les gènes d’intérêt, comme celui de la résistance à la rouille orangée, déjà repéré.
Qu'est-ce que le modèle circulaire de la filière Canne-Sucre ?
Le modèle circulaire de la filière Canne-Sucre repose sur un principe simple : rien ne se perd. Au cours du process sucrier, les résidus de la canne à sucre deviennent des co-produits valorisés à 100 %. La bagasse produit de l’énergie, la mélasse sert à fabriquer du rhum, de l’alimentation animale et de l’éthanol, et les écumes, cendres et vinasses retournent au champ comme fertilisants. Cette optimisation limite les importations et génère un bénéfice à la fois environnemental et économique pour La Réunion.
Quels sont les co-produits de la canne à sucre et à quoi servent-ils ?
La transformation de la canne à sucre génère plusieurs co-produits, tous valorisés. La bagasse, partie fibreuse de la canne, sert de combustible pour produire de l’électricité et de la vapeur. La mélasse alimente la production de rhum, l’alimentation du bétail et, depuis 2019, la fabrication de bioéthanol pour produire de l’électricité. Les écumes, les cendres de bagasse et la vinasse issue des distilleries sont réutilisées comme fertilisants naturels dans les champs, réduisant le recours aux engrais chimiques importés.
Qu'est-ce que la bagasse ?
La bagasse est le résidu fibreux de la canne à sucre, obtenu après extraction du jus sucré au cours du process industriel. Une canne est composée d’environ 15 % de fibres, et le traitement d’une tonne de canne produit en moyenne 320 kg de bagasse à La Réunion. Transformée dans les centrales thermiques attenantes aux sucreries, elle constitue la plus importante biomasse de l’île et sa première source d’énergie renouvelable locale.
À quoi sert la mélasse de canne à La Réunion ?
La mélasse est un sirop résiduel issu de la fabrication du sucre. À La Réunion, elle est prioritairement destinée à la production de rhum traditionnel et à l’alimentation du bétail. Depuis 2019, la mélasse résiduelle disponible est aussi transformée en éthanol combustible pour alimenter une turbine à combustion à Saint-Pierre, qui fournit de l’électricité au réseau lors des pics de consommation. C’est un exemple concret de valorisation en cascade des co-produits.
Quels bénéfices ce modèle circulaire apporte-t-il à La Réunion ?
Ce modèle circulaire apporte un double bénéfice, environnemental et économique. En valorisant à 100 % les co-produits de la canne à sucre, il limite les importations d’énergie, de carburants et d’engrais chimiques sur le territoire. Il renforce ainsi la souveraineté alimentaire et énergétique de La Réunion, tout en réduisant l’empreinte environnementale de la filière. La canne à sucre devient une ressource complète, du sucre à l’énergie en passant par les fertilisants.
Pourquoi la filière Canne-Sucre est-elle la 1ère source d'énergie renouvelable de La Réunion ?
La filière Canne-Sucre-Rhum-Energie est la première source d’énergie renouvelable de La Réunion parce qu’elle valorise la fibre de la canne à sucre (la bagasse) et la mélasse pour produire de l’électricité. La bagasse constitue la plus importante biomasse de l’île. Cette énergie contribue directement à l’objectif de souveraineté énergétique du territoire, qui vise une production électrique issue à 100 % de sources renouvelables.
Qu'est-ce que la bagasse et comment produit-elle de l'énergie ?
La bagasse est le résidu fibreux obtenu après extraction du jus sucré de la canne. Acheminée vers la centrale thermique attenante à la sucrerie, elle y sert de combustible pour produire de l’énergie, réutilisée dans le process industriel puis mise à disposition sur le réseau électrique local. Le traitement d’une tonne de canne à sucre produit en moyenne 320 kg de bagasse. C’est la première source d’énergie renouvelable locale de l’île.
Quelle part de l'énergie renouvelable de La Réunion provient de la canne à sucre ?
L’énergie produite chaque année à partir de la bagasse (vapeur pour le process industriel et électricité) et la mélasse (transformée en bioéthanol) couvre près de 50 % de la consommation d’énergie renouvelable locale de La Réunion (moyenne 2019-2023).
Comment la mélasse est-elle transformée en énergie ?
Depuis 2019, la mélasse résiduelle disponible — après usage pour le rhum et l’alimentation du bétail — est transformée en éthanol combustible. Cet éthanol alimente une turbine à combustion installée à Saint-Pierre, dans le sud de l’île, qui fournit de l’électricité au réseau EDF lors des pics de consommation. À partir de 5 000 m³ d’éthanol carburant, la production annuelle atteint 10 000 MWh d’électricité, ce qui limite les importations de combustibles.
Depuis quand la canne à sucre produit-elle de l'électricité à La Réunion ?
La production d’énergie à partir de la canne à sucre est ancienne et pionnière. Dès l’origine, les sucreries brûlaient la bagasse pour leur propre fonctionnement. Au début des années 1980, la première centrale thermique produit de l’électricité à partir de bagasse. En 1992, la première unité de cogénération permet de produire à la fois vapeur et électricité pour le réseau public. En 2019, la première turbine à combustion au bioéthanol de mélasse complète ce dispositif. Autant d’innovations mondiales nées à La Réunion.
Combien d'électricité produit une tonne de canne à sucre à sucre ?
À La Réunion, une tonne de canne à sucre permet de produire environ 140 kWh d’électricité, ce qui correspond à la consommation électrique d’un habitant pendant plus de quinze jours. Une canne à sucre est composée d’environ 70 % d’eau, 15 % de fibres, 14 % de saccharose et 1 % d’éléments minéraux et organiques : c’est la fraction fibreuse, la bagasse, qui est valorisée en énergie.
