Les acteurs de la filière
Les exploitations cannières
Un modèle inclusif
composé d’exploitations familiales
de petite dimension réparties sur tout le territoire
A la fin des années 1960, une réforme foncière a été mise en œuvre par la SAFER et ce durant une trentaine d’années afin de maintenir un modèle agricole basé sur de petites exploitations familiales, réparties sur tout le territoire.
Près de la moitié des terres agricoles ont ainsi été réattribuées à plus de 3 000 agriculteurs, installés en tant que chef d’exploitation, sur des exploitations de 5 hectares en moyenne.
Cette réforme a ainsi permis :
• De développer le modèle agricole familial réunionnais, fortement pourvoyeur d’emplois.
• D’aménager un territoire très contraint et escarpé en répartissant les exploitations sur tout le territoire.
Aujourd’hui, parmi les 6 000 exploitations de La Réunion, 2 300 cultivent de la canne sur quasiment toutes les communes de l’île, soit près de 40 % des exploitations agricoles du territoire.¹
La taille moyenne de la surface en canne des exploitations cannières à La Réunion est de 8,3 ha¹ : une surface particulièrement petite si l’on compare aux surfaces moyennes dédiées aux grandes cultures dans les exploitations agricoles en France métropolitaine atteignant 135 hectares.²
Les exploitations cannières se sont diversifiées : en moyenne 10% des surfaces des exploitations cannières sont dédiées à l’élevage ou à la production de fruits et légumes.¹
Cette diversification agricole développée en s’appuyant sur la canne à sucre participe à répondre aux besoins locaux en produits agricoles et à tendre vers une plus grande souveraineté alimentaire en produits frais dans l’île.
(1)Reporting foncier 2024 : CTICS, DAAF, TOI, SSR
(2)Données RICA 2023
Spécificités des exploitations cannières
par bassin cannier
Les deux bassins canniers disposent sensiblement de la même surface agricole dédiée à la canne, livrent approximativement les mêmes tonnages et obtiennent ainsi des rendements à l’hectare similaires. En revanche, des différences existent par bassin sur la taille des exploitations, le nombre d’agriculteurs canniers et les contraintes liées à l’eau.
BASSIN CANNIER
SUD-OUEST
Le bassin cannier Sud-Ouest est caractérisé par un plus grand nombre d’agriculteurs canniers, environ 1 500, répartis sur 9 500 ha.
La surface moyenne en canne à sucre de ces exploitations cannières est de 6,3 ha.¹
BASSIN CANNIER
NORD-EST
Le bassin cannier Nord-Est regroupe environ 800 agriculteurs canniers qui se répartissent une surface de plus de 9 700 ha de sole cannière.
La surface moyenne en canne de ces exploitations cannières atteint 12,2 ha.¹
(1)Reporting foncier 2024 : CTICS, DAAF, TOI, SSR
L’irrigation : un enjeu majeur pour les exploitations cannières, en particulier dans le Sud-Ouest.
L’eau, une ressource précieuse à La Réunion, est inégalement répartie en raison de particularités géographiques et météorologiques. L’Ouest de l’île, plus aride, perçoit nettement moins d’eau ce qui constitue un réel enjeu pour les agriculteurs canniers qui doivent disposer de la bonne quantité d’eau au bon moment de l’itinéraire technique.
Des actions sont menées par le Département de La Réunion et la Saphir pour une gestion équitable et équilibrée des ressources en eau à La Réunion.
A ce jour, le bassin Nord-Est dispose d’environ 300 ha de surfaces en canne à sucre irriguées tandis que le bassin Sud-Ouest atteint 4500 ha de surfaces en canne à sucre irriguées.
Les différents modes de coupes
des exploitants canniers
L’exploitant cannier dispose de différentes réponses pour couper la canne à sucre, en fonction de la situation de son exploitation : petites ou plus grandes parcelles, terrains plats ou difficiles, etc.
La répartition des différents modes de coupes sur l’île est la suivante :
COUPE
MANUELLE
50%
Coupe manuelle traditionnelle et historique. Les cannes sont coupées et livrées étêtées. Il s’agit du mode de coupe le plus répandu et adapté aux terrains les plus escarpés, mais également le plus difficile.
COUPEUSE
PÉI
25%
La coupeuse péi est un engin mécanique créé à La Réunion, qui permet de couper les cannes à la base avec une lame de scie, sans les effeuiller, et de récolter ainsi des cannes longues. Cette solution mécanique permet d’accéder à des pentes pouvant atteindre 20% et de répondre au manque de main d’œuvre.
COUPEUSE
TRONÇONNEUSE
25%
Cette machine, adaptée aux plus grandes parcelles et terrains plats ou peu accidentés permet de couper les cannes, les effeuiller et les tronçonner en petits tronçons de 15 / 20 cm. Il s’agit du moyen de coupe le plus rapide.
Les enjeux agricoles
pour l’avenir
• Accroitre la résilience face aux évènements climatiques qui sont de plus en plus aléatoires (cyclones, sécheresses, inondations…)
• Retrouver des homologations de produits phytopharmaceutiques, indispensables aux itinéraires techniques tropicaux, et pourtant autorisés par l’UE et par la France sur d’autres cultures comparables.
• Redonner de l’attractivité aux métiers agricoles saisonniers.
• Limiter l’augmentation du prix des intrants qui fragilise la trésorerie des agriculteurs.
• Etc
Face aux difficultés auxquelles sont confrontés les exploitants canniers et plus globalement toute la filière, l’ensemble des institutions publiques, l’État, la Région, le Département, la Chambre d’Agriculture, le CPCS et les organisations professionnelles ont décidé de se mobiliser ensemble dans le cadre des Etats Généraux de la Canne afin de trouver des solutions à ces défis et de préserver une filière historique et stratégique.
Les indicateurs clés
2 300
exploitations cannières environ, ce qui représente près de 40 % des exploitations agricoles de l’île¹
8,3 ha
de surface moyenne¹ en canne dans des exploitations cannières d'une surface moyenne de 9,9 ha
10%
des surfaces des exploitations cannières sont dédiées à la diversification animale et végétale¹
50%
de la coupe de la canne est manuelle
(1)Reporting foncier 2024 : CTICS, DAAF, TOI, SSR
