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Spécial 200 ans - L’édito de Philippe Labro
15 février 2018

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En 1817, naquirent les deux sucreries de La Réunion qui fonctionnent toujours aujourd’hui :

  • le Gol, sur la commune de Saint Louis
  • et Bois-Rouge, sur la commune de Saint-André.
    C’est un formidable retournement de l’histoire que de constater que La Réunion, petite terre d’accueil du roseau sucré, est devenue un foyer de sélection de variétés nouvelles, de techniques nouvelles, jusqu’à faire rayonner ses cannes et son savoir-faire industriel dans le monde entier.
    L’industrie sucrière a traversé les crises agricoles et les crises économiques. Deux siècles de combats toujours gagnés et d’innovation pour rester à flot, et même pour naviguer en tête, dans nombre de domaines.

Sur la période la plus récente, deux grands défis ont mobilisé notre énergie :

  • la fin des quotas sucriers,
  • et la politique commerciale très libérale de l’Union européenne qui accroît la concurrence des pays tiers, bien plus grands et puissants que nous, moins respectueux peut-être de leur main-d’œuvre et de leur environnement.

Nous venons de gagner le combat de la fin des quotas grâce à un appui politique sans faille des autorités françaises qui, à tous les niveaux et jusqu’au plus haut sommet de l’État, ont réaffirmé leur engagement en faveur de la filière et, à travers elle, de tout le modèle agricole réunionnais. La Commission européenne, qui a dû autoriser l’aide compensatoire, mise en place par la France, a elle-même reconnu le bien-fondé de cette demande et le caractère structurant incontournable de l’économie sucrière pour notre territoire.

Fort de ce combat gagné, nous avons pu signer une nouvelle convention canne, le 11 juillet dernier, qui assure aux planteurs à la fois une garantie d’écoulement de la totalité de leur production, et dans le même temps, une augmentation significative de leurs revenus – à hauteur de 7,2 millions en 2017. Je l’ai dit : « pour La Réunion, c’est la meilleure convention canne signée depuis 30 ans. »

Il nous reste maintenant à obtenir de la Commission européenne qu’elle mette sa politique commerciale extérieure en harmonie avec sa politique intérieure et qu’elle arrête d’accorder de nouveaux contingents d’importation de sucres spéciaux à des pays tiers avec lesquels nos régions ultramarines ne peuvent lutter à armes égales.

Chaque épreuve traversée nous renforce. La filière Canne-Sucre est aujourd’hui plus forte qu’il y a 10 ans ou 20 ans.
Mais, il ne faut pas baisser la garde. L’avenir dépend de nous. On l’entend souvent dire : « la canne est une chance pour La Réunion. » Oui, mais la chance ne tombe pas des nuages. Il faut la provoquer, il faut surtout l’accueillir. Il faut la cultiver.

Je n’ai qu’un souhait à formuler : que l’énergie éternelle de La Réunion, si ancienne et si novatrice, fasse qu’elle sache, encore et encore, cultiver sa « chance canne ».

Philippe Labro
Président du Syndicat du Sucre de La Réunion

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